Perte de cheveux chez un homme : causes et conseils
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Vous voyez plus de cheveux dans la douche qu’avant. Le miroir vous renvoie un front qui a bougé, ou un sommet du crâne qui laisse passer la lumière sous les néons. La question devient vite obsédante : est-ce que ça va s’arrêter ? Chez l’homme, la perte de cheveux recouvre en réalité des situations très différentes, dont une seule est franchement majoritaire. Savoir laquelle vous concerne change tout, parce que certaines chutes repartent seules et d’autres non. Voici comment y voir clair, et dans quel ordre agir.
Ce qui est normal, et ce qui ne l’est plus
Un cuir chevelu perd entre 50 et 100 cheveux par jour. C’est le fonctionnement ordinaire du cycle pilaire : chaque follicule pousse pendant plusieurs années, se met au repos, tombe, puis recommence. Vous n’avez donc pas à compter ce qui reste sur l’oreiller. Ce qui compte, c’est autre chose : la densité. Si vos cheveux tombent et sont remplacés par des cheveux plus fins, plus courts, plus clairs, la machine s’est enrayée. Ce phénomène porte un nom, la miniaturisation : le follicule rétrécit à chaque cycle jusqu’à ne plus produire qu’un duvet, puis plus rien. C’est le mécanisme central de la calvitie masculine, et il est silencieux pendant des années.
Deux signaux méritent un avis médical. Une chute massive et soudaine, partout sur la tête, en quelques semaines. Ou une chute discrète mais qui creuse toujours la même zone, mois après mois.
L’alopécie androgénétique, très loin devant
Dans l’immense majorité des cas, un homme qui perd ses cheveux a une alopécie androgénétique, c’est-à-dire une chute liée aux hormones mâles sur un terrain génétique. Les revues récentes situent sa fréquence autour de 50 % des hommes en milieu de vie, et jusqu’à 80 % à 70 ans. Autant dire que c’est la règle, pas l’exception.
Le coupable s’appelle la dihydrotestostérone, un dérivé de la testostérone que certains follicules ne supportent pas. Ceux du dessus du crâne y sont sensibles, ceux de la couronne arrière ne le sont pas : cette différence explique pourquoi la calvitie dessine toujours le même paysage. Et le terrain se transmet. On a longtemps répété que ça venait du grand-père maternel, mais l’hérédité de la calvitie passe par les deux parents et par de nombreux gènes. Regardez votre père, vos oncles, vos frères. Vous aurez une idée du scénario probable.
Elle peut démarrer tôt. Très tôt, parfois : une calvitie précoce à 20 ou 22 ans n’a rien d’anormal médicalement, même si elle est mal vécue.
Lire son propre schéma de chute
L’alopécie androgénétique suit un ordre reconnaissable, classé par les sept stades de l’échelle de Norwood-Hamilton, une gradation utilisée par tous les praticiens. Le début se joue presque toujours sur les tempes : ce sont les golfes temporaux qui reculent et transforment une ligne frontale droite en M. Vient ensuite le vertex, la zone en haut derrière, celle qu’on découvre sur une photo prise par quelqu’un d’autre. Les deux fronts progressent chacun de leur côté, puis finissent par se rejoindre.
Ce dessin est la meilleure information dont vous disposez. Une chute qui respecte ce schéma et qui épargne la couronne arrière est androgénétique jusqu’à preuve du contraire. Une chute uniforme sur tout le crâne, tempes comprises, oriente vers autre chose.
Les chutes réactionnelles, celles qui repartent
L’autre grande famille, ce sont les chutes réactionnelles. Le corps subit un choc, bascule beaucoup de follicules en phase de repos d’un coup, et les cheveux tombent en masse deux à trois mois plus tard. Ce décalage explique qu’on ne fasse jamais le lien sur le moment. Le mécanisme s’appelle effluvium télogène et il est réversible : une fois la cause corrigée, la repousse suit.
Les déclencheurs sont connus. Une infection avec forte fièvre, une opération, un régime restrictif ou une perte de poids rapide. Un stress prolongé ou un choc émotionnel. Une carence, en premier lieu le manque de fer (carence martiale), qu’un dosage de ferritine repère facilement. Un dérèglement de la thyroïde. Et beaucoup de traitements courants, parfois insoupçonnés : la liste des médicaments qui font tomber les cheveux est plus longue qu’on ne le croit, des anticoagulants aux rétinoïdes.
Cette distinction est capitale. Une chute réactionnelle ne se traite pas, elle se comprend : on corrige la cause et on attend. Une alopécie androgénétique, elle, n’attend rien de personne et continue.
Les formes plus rares
Il existe des chutes qui ne rentrent dans aucune des deux cases. La pelade provoque des plaques rondes, nettes, parfois apparues en quelques jours ; c’est une maladie auto-immune, elle relève du dermatologue et ne se traite jamais par chirurgie. Certaines alopécies dites cicatricielles détruisent définitivement le follicule et laissent une peau lisse et brillante. Une teigne, une inflammation du cuir chevelu, une traction mécanique répétée sur les cheveux longs attachés peuvent aussi être en cause.
Le point commun de ces formes : elles justifient un examen du cuir chevelu, pas une commande de complément alimentaire sur internet.
Ce qui stabilise vraiment
Sur l’alopécie androgénétique, deux molécules ont un dossier scientifique solide et sont les seules approuvées à ce jour. Le minoxidil en application locale relance la croissance et épaissit les cheveux existants. Le finastéride, par voie orale, bloque la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone et ralentit nettement l’évolution. Les revues de 2025 confirment ces deux piliers et décrivent les pistes en développement, sans qu’aucune ne les remplace pour l’instant.
Trois réserves, et elles sont importantes. Ces traitements demandent plusieurs mois avant qu’on juge un résultat. Ils s’arrêtent rarement : à l’arrêt, la chute reprend son cours. Et surtout, ils protègent ce qui existe encore. Sur une zone déjà nue depuis des années, où le follicule a disparu, il n’y a plus rien à réveiller. C’est pour cette raison qu’un avis pris à 25 ans ouvre plus de portes qu’un avis pris à 40.
La greffe, sur les zones déjà dégarnies
Quand la densité est perdue, un seul geste la restaure : déplacer des follicules depuis la zone donneuse arrière du crâne, génétiquement insensibles aux androgènes, vers les zones dégarnies. C’est le principe de la greffe de cheveux, et c’est le traitement le plus durable de l’alopécie androgénétique. Les cheveux transplantés gardent leur programmation d’origine : ils repoussent et restent en place.
Deux conditions, cependant. La chute doit être suffisamment stabilisée, sinon le reste du crâne continue de se dégarnir autour du secteur greffé et le résultat vieillit mal. Et la zone donneuse arrière doit être assez fournie pour couvrir la surface visée. C’est ce que mesure une consultation avant tout engagement. Nos résultats avant après montrent ce que cette logique donne selon les stades de départ.
Beaucoup d’hommes combinent d’ailleurs les deux approches : traitement médical pour protéger les cheveux natifs, chirurgie pour reconstruire ce qui a disparu.
Par où commencer
Prenez une photo de votre crâne de dessus et de face, aujourd’hui, puis une autre dans six mois. Rien ne documente mieux une évolution que ces deux images. Faites doser votre ferritine et votre thyroïde si la chute a été brutale. Et ne laissez pas passer deux ans avant de demander un avis, parce que chaque année compte sur une alopécie qui avance.
Une greffe de cheveux turquie n’est ni la première étape ni une solution pour tout le monde. Envoyez quelques photos de votre cuir chevelu via notre page contact : l’équipe du Dr Emrah Cinik vous dira ce que montre votre schéma de chute, ce qui relève d’un bilan à faire chez votre médecin, et si la chirurgie a un sens dans votre cas, maintenant ou plus tard.
Sources
Devjani, S., Ezemma, O., Kelley, K. J., Stratton, E., et Senna, M. M. (2023). Androgenetic alopecia: Therapy update. Drugs. https://doi.org/10.1007/s40265-023-01880-x
Shin, J. W., et Huh, C. H. (2025). Updates in treatment for androgenetic alopecia. Annals of Dermatology. https://doi.org/10.5021/ad.25.042
Shi, H., Wang, X., Li, X. Q., et Feng, Y. (2025). Pathogenic mechanisms and mechanism-directed therapies for androgenetic alopecia: Current understanding and future directions. Dermatologic Therapy. https://doi.org/10.1155/dth/9950475