Clascoterone et calvitie : les résultats à 12 mois qui changent la donne
Sommaire
Le 15 avril 2026, le laboratoire Cosmo Pharmaceuticals a publié les résultats à 12 mois de sa clascoterone 5% dans la calvitie masculine. Un an de recul, et les gains tiennent. Les hommes maintenus sous traitement pendant douze mois ont gagné 2,39 fois plus de cheveux que ceux repassés sous placebo au bout de six mois. Le programme clinique complet a porté sur 1465 hommes suivis dans 51 centres aux États-Unis et en Europe. C’est le plus gros essai jamais mené pour un traitement local contre la calvitie.
La nouvelle a son importance. Environ un homme sur deux perd ses cheveux vers cinquante ans, jusqu’à huit sur dix passé la soixantaine. Et depuis l’arrivée du finastéride en 1997, aucune molécule nouvelle n’avait été approuvée pour cette indication. Près de trente ans sans progrès majeur. Pour un panorama général, la page dédiée à la clascoterone reprend tout l’essentiel.
Le verdict en une ligne : l’effet tient à 12 mois, il est supérieur à ce que les experts attendaient, mais la molécule n’est pas encore disponible en Europe. Cet article détaille les chiffres, les compare aux traitements existants contre la calvitie masculine, et précise le calendrier d’arrivée.
Comment agit la clascoterone
La clascoterone (nom de code CB-03-01, commercialisée sous le nom Breezula pour la calvitie) appartient à une famille de molécules qu’on appelle les anti-androgènes topiques. Autrement dit, elle neutralise l’action des hormones masculines, mais uniquement sur la zone où on l’applique.
Pour comprendre pourquoi ça compte, il faut s’arrêter sur la DHT. La DHT est une forme « boostée » de la testostérone. Chez les hommes génétiquement sensibles, elle rétrécit le follicule (la petite « usine » microscopique qui fabrique le cheveu) à chaque cycle pilaire, jusqu’à l’épuiser complètement. C’est le moteur hormonal de la calvitie. Le dossier sur la DHT et la chute de cheveux détaille ce mécanisme.
Deux manières de neutraliser la DHT
Prenez une serrure et une clé. La DHT, c’est la clé qui déclenche le programme de rétrécissement du follicule. Il existe deux façons de bloquer ce programme.
Le finastéride, pris par voie orale, empêche la fabrication de la clé en amont. Il bloque l’enzyme qui convertit la testostérone en DHT, avant même que l’hormone ait eu le temps d’agir.
La clascoterone, elle, laisse la clé circuler mais obstrue la serrure. Appliquée localement sur le cuir chevelu, elle se fixe sur le récepteur du follicule et empêche la DHT de s’y accrocher. La clé est toujours là. Elle ne rentre plus.
En laboratoire, la clascoterone neutralise ce récepteur avec une efficacité comparable à celle du finastéride, et surpasse même d’autres anti-androgènes testés en parallèle (comme la spironolactone). Aucune comparaison clinique tête-à-tête avec le finastéride n’a encore été publiée, mais sur le plan biologique, le blocage est du même niveau.
La clascoterone agit sur le cuir chevelu, pas dans le sang
C’est le point qui différencie vraiment la clascoterone du finastéride oral. Une fois absorbée par la peau, elle est immédiatement transformée par l’organisme en cortexolone, une forme inactive. Résultat, elle ne circule pratiquement pas dans le sang, et n’a donc aucun effet hormonal sur le reste du corps.
À l’inverse du minoxidil, qui se contente de stimuler le follicule sans toucher à la cause hormonale, la clascoterone s’attaque directement au moteur de la calvitie, mais en restant localisée. C’est le premier traitement à réunir ces deux avantages. Pour creuser, voir aussi les bloqueurs de DHT disponibles.
Le mécanisme est clair. Reste à voir ce que ça donne en pratique, sur des milliers d’hommes suivis un an.
Les résultats des essais SCALP 1 et SCALP 2 à 12 mois
Le programme clinique SCALP 1 et SCALP 2 a inclus 1465 hommes de 18 à 55 ans présentant une calvitie légère à modérée (stades III à V sur l’échelle de Norwood, qui gradue l’étendue de la calvitie masculine). L’essai s’est déroulé en deux temps : six mois en conditions rigoureuses (ni les patients ni les médecins ne savaient qui recevait quoi), suivis de six mois d’extension pour mesurer les effets sur la durée.
1465 hommes suivis un an
Les résultats à six mois, publiés fin 2025, annonçaient déjà la couleur. En prenant comme référence le décompte standardisé des cheveux dans une zone définie du cuir chevelu, le gain était 5 à 6 fois supérieur à celui du placebo dans le premier essai, et encore 1,7 fois supérieur dans le second. Les deux essais étaient statistiquement solides.
L’extension à 12 mois confirme la trajectoire. Les hommes qui ont continué le traitement un an ont gagné 2,39 fois plus de cheveux que ceux repassés sous placebo au bout de six mois. Autrement dit, les gains ne s’émoussent pas avec le temps, ils continuent de s’accumuler. Ce qui avait été observé en phase préliminaire comme une efficacité « possiblement supérieure au minoxidil topique » se confirme désormais sur un an d’utilisation.
Du point de vue du vécu des patients, la satisfaction progresse aussi : le score d’auto-évaluation est supérieur d’environ 24% à celui du groupe placebo à douze mois. En clair, les patients voient la différence et la ressentent. Face aux traitements validés actuellement contre la chute de cheveux, la courbe d’efficacité est inédite pour un traitement local.
Effets secondaires : le vrai atout face au finastéride
C’est probablement l’argument le plus fort de la clascoterone. Sur un an de traitement, le profil de tolérance reste comparable à celui du placebo sur le plan général.
Aucun effet hormonal significatif n’a été rapporté. Pas de baisse de libido, pas de trouble érectile, pas de modification de l’humeur. Rien de ce qu’on peut voir avec le finastéride oral chez 2 à 5% des patients, parfois de manière persistante même après l’arrêt. Pour comprendre ces effets, voir le finastéride oral et ses effets secondaires et la page sur les hormones et la perte de cheveux.
Les effets locaux restent modérés : une sécheresse légère, parfois une rougeur au site d’application, ou une pousse de poils fins à l’endroit exact où le produit est déposé. Rien de gênant sur la durée.
À ce stade, aucun cas de syndrome post-finastéride n’a été rapporté (les effets persistants sur la libido ou l’humeur qu’une minorité d’hommes rapporte après l’arrêt du finastéride). Le recul sur cinq ans reste à construire, mais les données à un an sont rassurantes.
L’efficacité est acquise. Reste à voir où la clascoterone se situe par rapport aux traitements qui existent déjà.
Clascoterone, finastéride et minoxidil : où se situe-t-elle ?
Le finastéride oral reste à ce jour la référence contre la calvitie. Mais la clascoterone s’impose comme la première alternative locale crédible depuis longtemps.
Le comparatif, molécule par molécule :
- Le finastéride oral à 1 mg : efficacité prouvée, avec en moyenne +10% de cheveux à 2 ans dans les études de référence. Effets secondaires sexuels chez 2 à 5% des patients, parfois persistants.
- Le minoxidil topique à 5% : stimule le follicule sans toucher à la cause hormonale. Gain modéré, autour de 17 cheveux par cm² à 16 semaines.
- La clascoterone topique à 5% : bloque la cause hormonale directement sur place, sans passer dans le sang. Premiers effets à 3 mois, progression continue jusqu’à 12 mois.
Sur le papier, la clascoterone combine les deux atouts qu’on n’avait jamais réunis en un seul produit : l’action anti-hormonale (réservée jusqu’ici au finastéride oral) et la voie locale (réservée jusqu’ici au minoxidil). Un positionnement vraiment nouveau.
Combinable avec le minoxidil ?
Oui. Les deux molécules agissent sur des mécanismes différents et se complètent naturellement. Le minoxidil stimule le follicule, la clascoterone coupe la cause hormonale. On peut donc les utiliser ensemble, exactement comme on associe déjà le minoxidil au finastéride chez certains patients.
Point important : aucun essai n’a comparé directement la clascoterone au finastéride oral chez les mêmes patients. Les comparaisons restent donc indirectes, via les taux observés dans des études séparées. Pour ceux qui préfèrent un bloqueur oral plus puissant, le comparatif dutastéride / finastéride reste d’actualité. Côté alternatives locales, voir aussi le minoxidil oral à faible dose et le choix entre mousse et liquide.
La clascoterone ne remplace pas le finastéride. Elle ouvre une option pour les hommes qui refusent les traitements oraux, pour ceux qui ne les supportent pas, ou pour ceux qui n’y répondent pas assez. Les liens entre testostérone et perte de cheveux restent les mêmes, c’est la voie d’administration qui change.
Quand pourra-t-on l’obtenir en France ?
La clascoterone arrive, mais pas tout de suite. Cosmo Pharmaceuticals prévoit de déposer son dossier auprès de la FDA américaine au début 2027, avec une soumission en parallèle à l’Agence européenne du médicament. Pour la France et l’Europe, l’horizon réaliste se situe donc entre fin 2027 et 2028, si les dossiers passent sans accroc.
En attendant, la clascoterone n’est pas disponible en pharmacie française. Certaines plateformes internationales proposent du CB-03-01 pour un « usage recherche », mais cela se fait en dehors de tout cadre médical sécurisé, sans contrôle qualité ni suivi. Pas recommandable.
Le protocole testé dans les essais, qui servira probablement de base aux futures prescriptions :
- 1 mL de solution à 5% appliquée sur cuir chevelu sec
- Deux fois par jour, matin et soir
- Sur les zones concernées par la chute (golfes, vertex, tonsure)
- Premiers effets visibles vers trois mois, progression continue sur douze mois
Les candidats identifiés par les essais : hommes de 18 à 55 ans, calvitie légère à modérée (stades III à V sur l’échelle de Norwood). Pour identifier son stade, voir la page sur les stades de la calvitie. Chez la femme, les études sont en cours, le calendrier n’a pas encore été communiqué.
Contre-indications : application sur peau lésée, eczéma actif, psoriasis en poussée. La grossesse et l’allaitement restent déconseillés par principe de précaution, même si l’absorption générale est très faible. Et aucune donnée n’existe au-delà de douze mois : le recul long terme reste à bâtir.
Pour les jeunes concernés par une calvitie précoce ou par des cheveux qui s’affinent, tant que la clascoterone n’est pas là, la stratégie reste classique : agir vite avec les traitements existants, combiner les approches, et prévenir la perte de cheveux avant que la zone ne se dégarnisse.
Que faire en attendant 2027-2028
La clascoterone est prometteuse, mais elle n’est pas là. Et même quand elle sera disponible, elle ne fera pas repousser les cheveux déjà disparus : son rôle est de préserver et de réactiver des follicules encore vivants, pas d’en recréer. Sur les zones vraiment dégarnies, que ce soit pour les golfes, la tonsure ou la ligne frontale, seule la greffe capillaire peut restaurer des follicules vivants.
Plusieurs options sont possibles chez le Dr Cinik pour agir sans attendre 2028.
La greffe FUE Saphir utilise des lames en saphir pour ouvrir des canaux très fins, ce qui permet de redensifier les zones perdues avec une cicatrisation rapide. Elle agit sur les zones que la clascoterone ne pourra plus récupérer, même quand elle sera sur le marché. Voir la page FUE saphir.
La DHI implante les greffons directement à l’aide d’un stylo implanteur (le stylo Choi), avec une précision au millimètre. Particulièrement adaptée aux golfes frontaux et aux zones très visibles. Voir la DHI.
Les exosomes capillaires injectent dans le cuir chevelu des vésicules contenant de nombreux facteurs de croissance, pour stimuler les follicules existants. Les premiers effets s’évaluent plutôt entre trois et six mois. Ils pourront d’ailleurs se combiner avec la clascoterone quand elle sera disponible. Voir les exosomes capillaires, ou la variante avec fibrine autologue sur la page PRF cheveux.
Le PRP, inclus dans tous les forfaits de greffe, injecte les facteurs de croissance contenus dans votre propre sang pour stimuler la repousse. Voir la page PRP pour les cheveux.
Le Dr Cinik cumule plus de 20 ans d’expérience en restauration capillaire et plus de 50 000 patients traités, avec des protocoles conformes aux standards de l’ISHRS (la société scientifique internationale de référence en greffe capillaire), un suivi structuré et une consultation personnalisée gratuite.
Pour voir des résultats sur des profils proches du vôtre, parcourez les photos avant / après du Dr Cinik. Et si vous hésitez entre commencer un traitement médical maintenant ou attendre la clascoterone, une consultation gratuite permet de poser un diagnostic précis et de choisir la voie qui correspond vraiment à votre situation.
Références scientifiques
Cosmo Pharmaceuticals. (2026, 15 avril). Phase III 12-Month Data for Clascoterone 5% Topical Solution Confirm Positive Safety for Chronic Use and Continued Hair Growth, both of which are Statistically Significant [Communiqué]. https://www.cosmohealthconfidence.com/news/98958067-clascoterone-12-month-safety-results-ende
Devjani, S., Ezemma, O., Kelley, K. J., Stratton, E., & Senna, M. (2023). Androgenetic alopecia: Therapy update. Drugs, 83(8), 701-715. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10173235/
Hebert, A., Thiboutot, D., Stein Gold, L., Cartwright, M., Gerloni, M., Fragasso, E., & Mazzetti, A. (2020). Efficacy and safety of topical clascoterone cream, 1%, for treatment in patients with facial acne: Two phase 3 randomized clinical trials. JAMA Dermatology, 156(6), 621-630. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7177662/
Kaiser, M., Abdin, R., Gaumond, S. I., Issa, N. T., & Jimenez, J. J. (2023). Treatment of androgenetic alopecia: Current guidance and unmet needs. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 16, 1387-1406. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10239632/
Mazzarello, V., Ferrari, M., & Ena, P. (2021). Clascoterone: A new topical anti-androgen for acne management. Drugs of Today, 57(7), 459-464. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34242398/
Ntshingila, S., Oputu, O., Arowolo, A. T., & Khumalo, N. P. (2023). Androgenetic alopecia: An update. JAAD International, 13, 150-158. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10562178/
Rosette, C., Rosette, N., Mazzetti, A., Moro, L., & Gerloni, M. (2019). Cortexolone 17α-propionate (clascoterone) is a novel androgen receptor antagonist that inhibits production of lipids and inflammatory cytokines from sebocytes in vitro. Journal of Drugs in Dermatology, 18(2), 197-201. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30811143/
Sanchez, C., & Keri, J. (2022). The efficacy and safety of topical clascoterone cream (1%) for treatment in patients with facial acne. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 15, 1357-1366. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9297041/