Eczéma du cuir chevelu et perte de cheveux : comment stopper la chute

Démangeaisons qui ne passent pas, plaques rouges sous les cheveux, pellicules grasses qui résistent à tout. Et puis un jour, plus de cheveux sur la brosse que d’habitude. Le doute s’installe : est-ce que mon eczéma me fait perdre mes cheveux ?

La réponse courte : oui, ça peut. L’eczéma crée une inflammation chronique qui perturbe le cycle du cheveu et pousse les follicules à lâcher prise avant l’heure. La bonne nouvelle : dans la majorité des cas, c’est réversible. Mais tout dépend du type d’eczéma, de combien de temps ça dure, et surtout de comment on le traite.

Trois types d’eczéma, trois mécanismes différents

« Eczéma du cuir chevelu », ça semble simple. En réalité, derrière ce mot, il y a trois problèmes très différents. Ils ne se déclenchent pas pour les mêmes raisons, et surtout, ils ne se traitent pas pareil. A ne pas confondre non plus avec le psoriasis du cuir chevelu, qui est encore autre chose.

La dermite séborrhéique : la plus fréquente

C’est la cause numéro 1 de démangeaisons du cuir chevelu et on lui a consacré un article complet. Elle touche surtout les adultes entre 30 et 60 ans, davantage les hommes que les femmes. Vous la reconnaissez aux plaques rouges couvertes de pellicules grasses, jaunâtres, qui se concentrent sur le sommet du crâne, les tempes, et derrière les oreilles.

Le coupable principal s’appelle Malassezia, une levure qui vit naturellement sur le cuir chevelu. Chez tout le monde. Sauf que chez certaines personnes, cette levure prolifère et décompose le sébum en acides gras irritants. Ça déclenche une réaction inflammatoire en chaîne : le cuir chevelu produit des molécules de défense (les fameuses interleukines) en excès, l’histamine s’emballe, et tout le cuir chevelu s’enflamme.

L’eczéma atopique du cuir chevelu

Moins fréquent que la dermite séborrhéique, mais plus tenace. L’eczéma atopique est une maladie inflammatoire chronique qui touche 15 à 30% des enfants et environ 10% des adultes. Quand il s’installe sur le cuir chevelu, il provoque des plaques sèches, des croûtes, des fissures, et des démangeaisons intenses.

Le mécanisme est différent. Ici, c’est le système immunitaire qui s’emballe : il produit trop de molécules inflammatoires, ce qui entretient l’irritation en continu. Et chez certaines personnes, la peau du cuir chevelu est génétiquement plus fragile (un défaut de la protéine filaggrine, qui sert de « ciment » entre les cellules de la peau). Résultat : la barrière cutanée ne joue plus son rôle, et tout agresse plus facilement.

Et il y a un lien qui mérite d’être connu : une étude sur 51 561 patients atteints de pelade a montré que l’eczéma atopique est la maladie qui l’accompagne le plus souvent. Chez les moins de 18 ans touchés par la pelade, près d’1 sur 5 avait aussi un eczéma atopique. Les deux problèmes partagent les mêmes circuits inflammatoires.

La dermite de contact allergique

La moins connue des trois, et pourtant responsable de chutes de cheveux parfois spectaculaires. Elle se déclenche quand le cuir chevelu réagit à un allergène : colorations capillaires, shampooings, produits coiffants, voire minoxidil (taux de réaction de 5,6% dans les études).

Les allergènes les plus fréquents :

  • La paraphénylènediamine (PPD) : présente dans les colorations capillaires, détectée chez 3 à 6,2% des patients testés
  • Le nickel : dans les barrettes et les pinces à cheveux, 15 à 24% de patchs tests positifs
  • La méthylisothiazolinone : un conservateur présent dans de nombreux shampooings

Un détail important : 83% des patients qui réagissaient à leur propre coloration ne réagissaient pas aux tests standard. Ce qui veut dire que beaucoup de dermites de contact passent sous le radar.

Comment l’eczéma fait tomber les cheveux

Concrètement, qu’est-ce qui se passe sous le cuir chevelu ?

Le follicule lâche prise

Quand le cuir chevelu est enflammé de manière prolongée, les follicules pileux passent prématurément de la phase anagène (croissance) à la phase télogène (repos). C’est ce qu’on appelle un effluvium télogène. La chute apparaît typiquement 2 à 4 mois après le début de l’inflammation. C’est diffus, pas localisé, et ça peut être franchement impressionnant.

Des chercheurs ont comparé des cuirs chevelus sains et des cuirs chevelus atteints de dermite séborrhéique. Résultat : chez les seconds, beaucoup plus de cheveux étaient au repos ou en train de tomber. Et même les cheveux encore en croissance étaient mal formés, sans leur gaine protectrice habituelle. Bref, l’inflammation sabote le cheveu à tous les stades.

Le cheveu est abîmé avant même de sortir

Malassezia n’est pas juste irritante. C’est aussi une source documentée de stress oxydatif. La levure produit des radicaux libres, des molécules agressives qui abîment le cheveu en formation, avant même qu’il sorte du cuir chevelu. Résultat : des cheveux plus fins, plus cassants, avec une surface abîmée et rugueuse au toucher.

D’ailleurs, un essai clinique a comparé un simple shampooing au zinc pyrithione 1% au minoxidil 5%. Résultat surprenant : juste en traitant le champignon, les chercheurs ont observé une augmentation significative du nombre de cheveux visibles en seulement 9 semaines.

La leçon : traiter l’eczéma, c’est déjà traiter la chute.

Comment traiter l’eczéma du cuir chevelu

On sait maintenant pourquoi ça tombe. La question qui compte : comment on arrête ça ? Le traitement dépend du type d’eczéma, mais le principe est toujours le même : calmer l’inflammation et supprimer ce qui la déclenche.

Dermite séborrhéique

Le premier réflexe, c’est de s’attaquer au champignon. Le kétoconazole en shampooing est le traitement le mieux documenté : il tue Malassezia directement. Les études montrent qu’il réduit les pellicules, les rougeurs et les démangeaisons. Fait intéressant : ce shampooing antifongique a montré de meilleurs résultats qu’une crème à base de cortisone. Si le shampooing ne suffit pas, un antifongique en comprimé peut prendre le relais sur une courte cure de 7 jours.

Eczéma atopique

Les crèmes à base de cortisone appliquées sur le cuir chevelu restent la base du traitement. Si ça ne suffit pas, le dermatologue peut prescrire du tacrolimus, une crème immunomodulatrice (elle calme le système immunitaire localement) qui offre des rémissions plus longues. Pour les formes sévères associées à une pelade, une nouvelle classe de médicaments oraux (les inhibiteurs de JAK) montre des résultats prometteurs : des adolescents atteints des deux maladies ont obtenu 80% de repousse en 6 mois.

Dermite de contact

Ici, le traitement numéro 1 c’est de supprimer le produit responsable. Arrêter la coloration, changer de shampooing, retirer les accessoires métalliques. Une crème à base de cortisone forte (prescrite par le dermatologue) accélère la guérison. La chute de cheveux liée à une dermite de contact est quasi toujours réversible une fois le produit identifié et éliminé.

Les bons réflexes au quotidien

Quelques habitudes qui aident, quel que soit le type d’eczéma : shampooing doux sans sulfates entre les traitements, eau tiède (jamais brûlante), et résister à l’envie de gratter (plus facile à dire qu’à faire). Si les symptômes persistent au-delà de 4 semaines, consultez un dermatologue.

Autre chose à vérifier : une carence en fer ou en biotine peut aggraver la chute indépendamment de l’eczéma. Un bilan sanguin n’est jamais de trop. Des compléments alimentaires ciblés et une alimentation adaptée peuvent aussi accompagner le traitement.

La chute est-elle réversible ?

Dans la grande majorité des cas, oui. L’effluvium télogène provoqué par l’eczéma est temporaire. Une fois l’inflammation maîtrisée, les follicules reprennent leur cycle normal et les cheveux repoussent en quelques mois. La dermite de contact a le meilleur pronostic : on supprime le produit, les cheveux reviennent.

Mais il y a des exceptions. Un eczéma sévère qu’on laisse traîner pendant des années peut endommager les follicules de manière permanente, jusqu’à provoquer une alopécie cicatricielle irréversible. La dermite séborrhéique chronique peut aussi accélérer la progression d’une alopécie androgénétique qui couvait en dessous. Et l’eczéma atopique sévère augmente le risque de développer une pelade.

D’où l’importance de ne pas laisser traîner. Plus on traite tôt, meilleures sont les chances de récupération complète.

Quand l’eczéma n’explique pas tout

Parfois, la chute persiste alors que l’eczéma est sous contrôle. Ça arrive. Et c’est souvent le signe que quelque chose d’autre est en jeu : une alopécie androgénétique liée à la DHT, du stress chronique, un déséquilibre hormonal, une alopécie localisée d’autre origine, ou une perte de cheveux diffuse nutritionnelle.

Seul un diagnostic précis permet de démêler tout ça et d’adapter le traitement.

Quand les follicules se sont miniaturisés (ils produisent des cheveux de plus en plus fins jusqu’à ne plus rien produire du tout) et que les traitements médicaux ne suffisent plus, la restauration capillaire devient une option. Le Dr Emrah Cinik accompagne depuis plus de 20 ans des patients dans cette démarche. Les techniques de greffe FUE Saphir et DHI permettent de réimplanter des follicules sains prélevés dans la zone donneuse. Chaque intervention inclut un traitement PRP pour optimiser la prise des greffons.

Plus de 50000 patients traités, des protocoles conformes aux standards ISHRS. Les résultats avant/après et l’évolution mois par mois permettent de se projeter concrètement. Une consultation gratuite permet d’évaluer votre situation et de distinguer ce qui relève de l’eczéma de ce qui nécessite une prise en charge spécifique. C’est sans engagement, et ça permet d’y voir plus clair.

Références scientifiques

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