Mélatonine et chute de cheveux : ce que montrent les dernières études

La mélatonine, tout le monde connaît. C’est l’hormone du sommeil, celle qu’on achète en pharmacie quand le décalage horaire nous empêche de fermer l’œil. Sauf que depuis quelques années, cette molécule intéresse les dermatologues pour une toute autre raison : elle pourrait bien aider à lutter contre la chute des cheveux.

Et ce n’est pas juste un buzz. Une revue systématique parue en 2023 dans le Journal of Drugs in Dermatology a compilé 11 études cliniques menées sur plus de 2267 patients. Résultat, 8 d’entre elles rapportent des effets positifs sur la repousse capillaire. Gadget ou véritable piste thérapeutique ? Les chiffres méritent qu’on s’y attarde. Mais avant de plonger dans les études, un petit détour par la biologie s’impose.

Une hormone que vos cheveux fabriquent eux-mêmes

Oubliez un instant les comprimés du rayon sommeil. La mélatonine est avant tout un antioxydant redoutable, capable de neutraliser les radicaux libres qui accélèrent le vieillissement cellulaire. Elle intervient aussi dans la régulation de l’inflammation et du système immunitaire. Une molécule aux multiples casquettes, en somme.

Ce qui a vraiment intrigué les chercheurs, c’est une découverte assez inattendue. Vos follicules pileux ne se contentent pas de capter la mélatonine circulant dans le sang. Ils en fabriquent eux-mêmes. Des travaux publiés dans le FASEB Journal l’ont confirmé : en phase anagène (la phase de croissance active), les follicules synthétisent leur propre mélatonine et expriment des récepteurs fonctionnels. Le récepteur MT1, notamment, a été retrouvé dans les cellules de la papille dermique, cette petite structure nichée au cœur du follicule qui orchestre toute la croissance du cheveu.

Des souris privées du récepteur nucléaire RORα (un autre récepteur sensible à la mélatonine) affichent d’ailleurs un pelage nettement plus clairsemé. La mélatonine n’est donc pas une invitée de passage dans le follicule. Elle fait partie de ses rouages. Et quand ses niveaux chutent, ça se répercute sur le rythme de croissance des cheveux.

Ce que disent les études cliniques

40 femmes, une première mondiale

C’est l’équipe du Dr Tobias Fischer qui a ouvert le bal en 2004 avec un essai en double aveugle contre placebo. 40 femmes atteintes d’alopécie androgénétique ou diffuse ont appliqué chaque soir une solution à 0,1% de mélatonine sur le cuir chevelu, pendant 6 mois.

Les chercheurs ont observé une augmentation significative des cheveux en phase anagène dans la zone occipitale (P=0.012). Côté sécurité, la mélatonine absorbée par la peau n’a jamais dépassé les taux nocturnes physiologiques. Aucun dérèglement hormonal à signaler.

+41% de densité chez l’homme

Un essai mené sur 35 hommes souffrant d’alopécie androgénétique a poussé l’analyse plus loin grâce au TrichoScan, une imagerie numérique du cuir chevelu. Avec une solution encore plus diluée (0,0033%) appliquée quotidiennement pendant 6 mois, la densité est passée de 123 cheveux/cm² à 173/cm². Soit +41% (P<0,001). Plus de la moitié des patients présentaient déjà une amélioration nette dès le 3e mois.

1800 volontaires, 200 centres

La plus vaste étude a mobilisé plus de 1800 volontaires répartis dans 200 centres. Après seulement 3 mois de traitement, le pourcentage de patients dont le test de traction était positif (signe d’une chute active) est tombé de 61,6% à 7,8%. A l’inverse, ceux dont le test était négatif sont passés de 12,2% à 61,5%. Les chercheurs ont aussi noté une amélioration de la séborrhée et des pellicules, un effet collatéral que personne n’avait anticipé.

La synthèse de 2023

La revue la plus récente (Gupta et al.) va dans le même sens. 8 études sur 11 montrent des bénéfices mesurables en termes de croissance (8 études), de densité (4 études) et d’épaisseur du cheveu (2 études). Le dosage qui revient le plus souvent se situe autour de 0,0033% ou 0,1%, une application par jour, pendant 3 à 6 mois.

Comment ça agit sur le follicule

Les chercheurs n’ont pas encore percé tous les mystères, mais plusieurs pièces du puzzle s’emboîtent.

Un bouclier antioxydant. Les follicules en croissance sont parmi les structures les plus gourmandes en énergie de tout l’organisme. Cette activité métabolique intense génère des radicaux libres qui, à la longue, fragilisent les cellules de la papille dermique. La mélatonine neutralise ces molécules toxiques et stimule les enzymes de défense comme la superoxyde dismutase. Le follicule tient mieux, il dure plus longtemps.

Un frein à la miniaturisation. Des travaux récents montrent que la mélatonine pousse le récepteur aux androgènes hors du noyau cellulaire, ce qui réduit son activité. Quand on sait que c’est la DHT (dihydrotestostérone) qui miniaturise progressivement les follicules dans l’alopécie androgénétique, ça ouvre des perspectives. Ce mécanisme viendrait en complément de celui du finastéride, qui lui bloque la production de DHT en amont.

Un signal de croissance renforcé. Une étude parue dans PeerJ a montré que la mélatonine active la voie Wnt/β-caténine dans les cellules de la papille dermique, augmentant leur taille de 12 à 21%. Cette cascade moléculaire est directement impliquée dans le déclenchement de la phase anagène.

Tous ces mécanismes convergent vers le même résultat : maintenir les follicules en phase de croissance active plus longtemps, en freinant la mort cellulaire et en modulant les récepteurs hormonaux. Un effet particulièrement intéressant pour les femmes touchées par la chute de cheveux, chez qui l’alopécie diffuse reste fréquente et souvent sous-diagnostiquée.

Ce qu’il faut garder en tête

Malgré ces chiffres, la mélatonine topique n’est pas (encore) le remède miracle. Il y a des nuances importantes.

D’abord, la majorité des études sont des essais ouverts, sans groupe placebo. Seule celle de Fischer (2004) coche toutes les cases du protocole scientifique rigoureux. Les autres ne permettent pas d’écarter l’influence des variations saisonnières sur la pousse, un biais classique en trichologie qui peut fausser les résultats.

Ensuite, les formulations testées associent souvent la mélatonine à d’autres actifs comme le ginkgo biloba ou la biotine. Pas simple, dans ces conditions, d’isoler l’effet de la mélatonine seule de celui de ces compléments aux propriétés capillaires reconnues.

Les résultats dépendent aussi de la zone traitée. Chez les femmes atteintes d’alopécie androgénétique, l’efficacité a été démontrée en zone occipitale mais pas sur le devant du crâne, là où les récepteurs aux androgènes se concentrent davantage.

En l’état, la mélatonine topique reste un complément. Pas un substitut au minoxidil ou au finastéride, dont le niveau de preuve est bien plus solide. Elle peut s’intégrer dans une stratégie de traitement globale pour les alopécies débutantes, mais seule, elle ne suffira pas à inverser une calvitie installée.

Quand les traitements topiques atteignent leurs limites

Quand la chute a déjà bien progressé, que les cheveux s’affinent visiblement et que le cuir chevelu commence à transparaître, crèmes et lotions ne peuvent plus grand-chose. La restauration capillaire prend alors le relais.

Le Dr Emrah Cinik accompagne depuis plus de 20 ans des patients dans cette démarche, avec des techniques adaptées à chaque profil. La greffe FUE Saphir utilise des lames en saphir pour des incisions ultra-fines, une cicatrisation rapide et un rendu naturel. Quand la précision du placement est la priorité, la technique DHI avec stylo Choi permet de maîtriser angle, direction et profondeur de chaque greffon au millimètre.

Chaque intervention inclut des séances de PRP (Plasma Riche en Plaquettes) dans le forfait. Le PRP apporte des facteurs de croissance directement aux follicules, ce qui favorise la prise des greffons et relance la repousse. Au fond, la logique rejoint celle de la recherche sur la mélatonine : protéger les follicules existants et leur offrir les meilleures conditions pour produire de nouveaux cheveux.

Envie d’y voir plus clair ? Une consultation gratuite avec l’équipe du Dr Cinik permet de poser un diagnostic précis et de bâtir un plan de traitement sur mesure.

Références scientifiques

Fischer, T. W., Slominski, A., Tobin, D. J., & Paus, R. (2008). Melatonin and the hair follicle. Journal of Pineal Research, 44(1), 1-15. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18078443/

Fischer, T. W., Burmeister, G., Schmidt, H. W., & Elsner, P. (2004). Melatonin increases anagen hair rate in women with androgenetic alopecia or diffuse alopecia: results of a pilot randomized controlled trial. British Journal of Dermatology, 150(2), 341-345. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/14996107/

Fischer, T. W., Trüeb, R. M., Hänggi, G., Innocenti, M., & Elsner, P. (2012). Topical melatonin for treatment of androgenetic alopecia. International Journal of Trichology, 4(4), 236-245. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3681103/

Gupta, A. K., Venkataraman, M., Talukder, M., & Bamimore, M. A. (2023). Melatonin and the Human Hair Follicle. Journal of Drugs in Dermatology, 22(3). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36877877/

Cho, Y. H., Jeon, Y. H., & Hong, S. H. (2022). Melatonin increases growth properties in human dermal papilla spheroids by activating AKT/GSK3β/β-Catenin signaling pathway. PeerJ, 10, e13461. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9123888/

Ferrara, F., Ferrara, G., & Ferrara, P. (2024). Clinical Studies Using Topical Melatonin. International Journal of Molecular Sciences, 25(9), 5167. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11121188/

Ho, C. H., Sood, T., & Zito, P. M. (2023). Androgenetic Alopecia: An Update on Pathogenesis and Pharmacological Treatment. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 18, 1495-1520. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12380480/

Adil, A., & Godwin, M. (2022). Treatment options for androgenetic alopecia: Efficacy, side effects, compliance, financial considerations, and ethics. Journal of Dermatological Treatment, 33(4), 1837-1845. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9298335/

A Dr Cinik assitant
Découvrez la solution adaptée à vos besoins
CONSULTATION CAPILLAIRE GRATUITE

Notre équipe d’experts analyse votre situation et propose une solution sur mesure.