VDPHL01 : le minoxidil oral nouvelle génération qui pourrait tout changer

Un comprimé par jour. Pas de mousse à appliquer, pas de lotion qui coule dans le cou, pas de cuir chevelu gras. Juste un cachet. C’est la promesse du VDPHL01, un nouveau traitement en cours d’essai clinique qui pourrait devenir le premier minoxidil oral jamais approuvé contre la chute de cheveux.

Derrière ce nom de code, il y a le laboratoire américain Veradermics, quatre essais cliniques en parallèle, plus de 1500 patients recrutés, et des premiers résultats qui font parler. Mais avant de s’emballer, il faut comprendre d’où vient ce traitement, ce qu’il apporte de nouveau, et surtout à qui il s’adresse.

Le minoxidil oral existe déjà, et il marche

Précision importante : le minoxidil oral n’est pas nouveau. On lui a d’ailleurs consacré un article complet. Des milliers de dermatologues dans le monde le prescrivent déjà en comprimé contre la chute de cheveux, hors AMM (sans autorisation officielle). Et les résultats sont franchement bons, meilleurs que la lotion classique : le comprimé passe directement dans le sang et atteint tous les follicules pileux en même temps, là où la lotion ne pénètre qu’à 1 à 2% dans la peau.

Le problème du comprimé actuel ? C’est un comprimé « à libération immédiate » : il libère tout le minoxidil d’un coup dans le sang. Un pic massif, puis plus rien. Efficace pour les cheveux, mais c’est ce pic qui provoque les effets secondaires cardiovasculaires. Et c’est exactement là que le VDPHL01 change la donne. Mais d’abord, les chiffres du comprimé classique.

Les résultats du comprimé classique (libération immédiate)

Les chiffres sont parlants. Chez les hommes atteints d’alopécie androgénétique, le minoxidil oral à 5 mg/jour fait passer la densité capillaire de 153 à 188 cheveux/cm2 en 24 semaines. Et il y a un effet dose : chaque milligramme supplémentaire ajoute environ 47 cheveux/cm2.

Chez les femmes, les doses sont plus basses (0,5 à 2,5 mg/jour) mais les résultats sont aussi au rendez-vous : +32 cheveux/cm2 en moyenne, +38% de densité frontale dans certaines études. Pour les femmes atteintes de perte de cheveux diffuse ou d’alopécie post-ménopausique, c’est l’une des seules options orales, puisque le finastéride est contre-indiqué chez la femme en âge de procréer.

Alors si ça marche si bien, pourquoi ça n’a jamais été approuvé ?

Le revers de la médaille

Parce que le minoxidil est un médicament cardiovasculaire, et que par voie orale, il ne fait pas que pousser les cheveux. Il ouvre tous les vaisseaux sanguins du corps. Et les effets secondaires augmentent avec la dose.

L’hypertrichose d’abord, c’est-à-dire une pousse excessive de poils ailleurs que sur la tête (visage, bras, dos). Elle touche 29% des patients à faible dose, et grimpe à 87% aux doses élevées. Les femmes y sont plus sensibles : 31% contre 24% à dose équivalente. Pour un traitement censé résoudre un problème esthétique, c’est un sacré paradoxe.

Côté coeur : 4% d’événements cardiovasculaires à faible dose, mais 34% aux doses fortes. Oedèmes des chevilles, palpitations, anomalies à l’ECG. Des cas rares d’épanchement péricardique (du liquide qui s’accumule autour du coeur) sont documentés, surtout chez des patients avec des problèmes rénaux.

Et le problème de fond : aucune approbation FDA pour la chute de cheveux. Tout se fait hors AMM. Chaque dermatologue prescrit sa propre dose, avec son propre protocole de suivi. Pas de standard, pas de filet de sécurité réglementaire.

C’est exactement ce que le VDPHL01 essaie de changer.

VDPHL01 : la même molécule, mais elle ne se comporte plus pareil

On l’a dit : le minoxidil oral classique (à libération immédiate) libère tout d’un coup. Le sang reçoit un pic massif de vasodilatateur, le coeur et les vaisseaux encaissent, puis la concentration retombe vite. C’est efficace pour les cheveux, mais c’est ce pic qui provoque les effets cardiovasculaires.

Le VDPHL01, c’est toujours du minoxidil. Pas une nouvelle molécule. Mais il est enfermé dans une matrice gel à libération prolongée qui se dissout progressivement dans l’estomac. Au lieu d’un pic brutal suivi d’une chute, le produit se diffuse régulièrement sur plusieurs heures.

La différence est fondamentale : moins de pic = moins de stress sur le coeur et les vaisseaux. Et comme le minoxidil reste plus longtemps au-dessus du seuil nécessaire pour stimuler les follicules, la repousse devrait être au moins aussi bonne. Voire meilleure.

Pour résumer simplement : le comprimé classique, c’est un robinet qu’on ouvre à fond puis qu’on ferme. Le VDPHL01, c’est un goutte-à-goutte régulier. Même quantité d’eau, mais le jardin est mieux arrosé.

C’est le pari de Veradermics. Et pour le vérifier, ils ont lancé quatre essais cliniques en parallèle.

Quatre essais cliniques en parallèle

Le programme de développement du VDPHL01 est ambitieux. Quatre études en même temps, sur les hommes et les femmes.

Les deux études chez l’homme

La première, l’étude 302, est un essai Phase 2/3 sur 360 hommes de 18 à 55 ans atteints d’alopécie androgénétique légère à modérée (stades II à V sur l’échelle de Norwood). Trois groupes : 5 mg, 10 mg, et placebo. Durée : 52 semaines. C’est l’étude qui cherche la bonne dose. Résultats attendus premier semestre 2026.

La seconde, l’étude 304, est le vrai test. Phase 3, 536 hommes, avec la dose de 8,5 mg en une ou deux prises par jour vs placebo. C’est l’étude pivot, celle qui servira de base au dossier de demande d’autorisation FDA. Recrutement terminé fin 2025, résultats attendus second semestre 2026.

Au total : environ 1000 hommes dans les essais Phase 3. C’est suffisant pour détecter des effets secondaires rares.

L’étude qui change la donne : les femmes

Et c’est peut-être la partie la plus importante. Veradermics a lancé le tout premier essai Phase 3 d’un traitement oral pour la perte de cheveux féminine. Plus de 500 femmes recrutées aux États-Unis.

Pourquoi c’est un événement ? Parce qu’aujourd’hui, aucun traitement oral n’est approuvé par la FDA pour l’alopécie féminine. Zéro. Les femmes atteintes de perte de cheveux n’ont que le minoxidil topique comme option approuvée. Le VDPHL01 serait le premier. Une première en plus de 40 ans de recherche sur la chute de cheveux.

Ce que montrent les premiers résultats

Les données de Phase 2 portent sur un petit groupe de 21 hommes traités à 8,5 mg deux fois par jour pendant 4 mois. Échantillon modeste, mais les chiffres sont intéressants :

  • +47,3 cheveux/cm2 en moyenne. Pour comparaison, le minoxidil oral classique à 5 mg donne environ +35 cheveux/cm2 en 6 mois. Le VDPHL01 fait mieux, plus vite.
  • 95% des participants se déclaraient satisfaits de leur densité capillaire
  • Zéro événement cardiaque signalé
  • Repousse visible dès le 2e mois de traitement

21 patients, ce n’est pas suffisant pour tirer des conclusions définitives. Mais le signal sur la sécurité cardiaque est exactement ce qu’on espérait. Si les études Phase 3 confirment l’absence d’effets cardiovasculaires sur 1500 patients, ça changera la donne.

Concrètement, qu’est-ce que ça change ?

Si le VDPHL01 obtient l’approbation FDA, ça ne change pas juste un comprimé. Ça redessine la prise en charge de l’alopécie.

Pour les hommes : un traitement oral enfin encadré, avec un dosage standardisé et un profil de sécurité validé par des essais rigoureux. Plus de prescriptions artisanales. Et un traitement qui pourrait se combiner avec le finastéride (qui agit sur la DHT) pour attaquer la chute sur deux fronts : bloquer l’hormone qui miniaturise les follicules, et stimuler la repousse en parallèle.

Pour les femmes : une révolution. Là où il n’y avait qu’une lotion, il y aurait un comprimé. Non hormonal, ce qui est crucial. Les femmes atteintes de calvitie féminine auraient enfin une option orale sérieuse.

Pour la greffe : le VDPHL01 ne remplacerait pas la greffe de cheveux. Il la renforcerait. La logique est simple : le traitement médical stabilise la chute et densifie les zones fragilisées, la greffe FUE Saphir ou DHI restaure les zones dégarnies. Les deux approches ne sont pas concurrentes, elles sont complémentaires. Un patient sous VDPHL01 avant et après sa greffe pourrait obtenir des résultats supérieurs à chaque approche prise séparément.

Le calendrier

Résultats Phase 3 attendus courant 2026. Dépôt du dossier FDA prévu début 2027. Approbation possible fin 2027 ou courant 2028. Ça reste conditionnel. Mais le calendrier est crédible.

En attendant, que faire ?

Le VDPHL01 est prometteur. Mais on n’y est pas encore. Et si vous perdez vos cheveux aujourd’hui, les solutions existent déjà.

Le minoxidil topique reste efficace, même si l’observance est parfois difficile. Le finastéride (chez l’homme) bloque la DHT, l’hormone responsable de la miniaturisation des follicules. Et les traitements en clinique comme le PRP, les exosomes, la mésothérapie ou le laser permettent de stimuler la repousse sans chirurgie.

Quand la chute a déjà créé des zones dégarnies, la greffe capillaire reste la seule façon de restaurer de vrais cheveux. Le Dr Emrah Cinik combine greffe et traitements médicaux dans chaque protocole : un traitement PRP est inclus dans toutes les interventions, et un plan de suivi adapté au profil du patient est mis en place pour maintenir les résultats dans le temps.

Plus de 50000 patients en 20 ans. Les résultats avant/après et l’évolution mois par mois sont consultables. Une consultation gratuite permet d’évaluer votre situation et de construire un plan de traitement adapté, qu’il soit médical, chirurgical, ou les deux. C’est sans engagement.

Références scientifiques

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Pirmez, R., Salas-Callo, C. I., & Abraham, L. S. (2020). Low-dose oral minoxidil for female pattern hair loss: a unicenter descriptive study of 148 women. Journal of the American Academy of Dermatology82(6), 1468-1470. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7325226/

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